Intelligence artificielle : l'Institut Aniti mise sur l'industrie 4.0 et organise ses équipes
Deux mois après sa labellisation, les contours d'Aniti, l'Institut toulousain en intelligence artificielle, s'affine. Il accueille son directeur opérationnel, Nicolas Viallet. Fort de son passé à Airbus et de sa volonté de porter un projet puissant au sein de l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, il dresse les lignes conductrices du nouvel institut : développer de manière pérenne une IA responsable au service de l'industrie du futur. Avec un focus sur la mobilité, la richesse de l'écosystème régional.

Le 5 juillet dernier, Nicolas Viallet, fraichement nommé directeur opérationnel de l'Institut toulousain en intelligence artificielle, s'est entouré des partenaires académiques et industriels engagés dans le projet Aniti pour lancer officiellement l'institut. Trois piliers structurent Aniti : la recherche scientifique, la contribution au développement économique et la formation, car l'aspect éducatif est déterminant. Pour les mettre en musique, l'activité va reposer sur les échanges entre les milieux académiques, industriels et de la recherche autour de l'intelligence artificielle. 

Des garanties pour l'industrie du futur

Au sein du projet scientifique, trois programmes intégratifs ont été définis : l'acceptabilité, la certifiabilité des systèmes autonomes et l'aide à l'optimisation des process industriels. De telles garanties sont requises par le type d'applications ciblées par le projet, comme par exemple les véhicules autonomes du futur. Pendant deux ans, l'accent sera mis sur l'aéronautique, le véhicule autonome et les transports du futur, mais aussi l'industrie des satellites. Parmi les acteurs principaux dans ces domaines, des industriels comme Airbus, Thalès, Renault, Continental, des laboratoires de recherche comme le Laas, l'Irit, l'IMT, mais aussi de grandes écoles et universités, comme Toulouse INP ENSEEIHT ou l'université Toulouse III-Paul Sabatier, qui échange régulièrement autour de différents projets avec le Syndicat interprofessionnel de l'automobile (SIA)...

"Le jury international a demandé à chacun des quatre 3IA de se centrer pendant deux ans sur ses points forts. Pour Grenoble, c'était la santé et l'environnement. Pour Toulouse, c'est la mobilité compte tenu de notre écosystème industriel et de recherche", explique Philippe Raimbault, le président de l'université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.

Un budget ambitieux

Les moyens mis en œuvre sont conséquents : le Programme d'investissement d'avenir (PIA) comprend des contributions académiques et industrielles et une participation forte de l'Etat (via l'Agence nationale de la recherche), à laquelle s'ajoutent les soutiens de la région Occitanie, de Toulouse Métropole et de la SATT Toulouse Tech Transfert.

Ingénieur formé à l'école Polytechnique de Palaiseau puis à l'Isae-Supaero de Toulouse, Nicolas Viallet a travaillé pendant dix-huit ans au sein d'Airbus en ingénierie puis stratégie de création d'activités nouvelles en tant que directeur de programme industriel. Rompu à travailler dans des environnements multiculturels au sein de projets internationaux, il a naturellement intégré l'équipe de pilotage de Aniti le 1er juillet 2019. Il y fédère les partenaires académiques et industriels pour faire émerger des projets innovants en intelligence artificielle.

Trois chercheurs internationaux ont confirmé rejoindre l'équipe Aniti en tant que porteurs scientifiques des programmes intégratifs : Leïla Amgoud, directrice de recherche au CNRS, Jean-Michel Loubès, professeur à l'université Toulouse III-Paul Sabatier et Nicolas Mansard, directeur de recherche au CNRS. Les nominations des pilotes industriels sont imminentes.

Aniti est porté par l'université fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées dans le cadre du programme d'investissements d'avenir PIA3 avec le soutien de la Région Occitanie (24M€) et Toulouse Métropole (4M€). 

Aniti fait partie avec Grenoble, Nice et Paris, des quatre instituts 3IA qui ont été mis en place pour une durée de 4 ans renouvelable dans le cadre du Programme Investissements d'avenir du plan Villani. Ces instituts travailleront en réseau avec pour objectif de faire de la France un des leaders mondiaux en intelligence artificielle.